mercredi 23 mars 2011

Roman Polanski - The Ghost Writer (2010)



Roman Polanski - The Ghost Writer  (2010, 168 minutes)
Nathalie L.


Ma passion du cinéma n'a de limites que le temps un peu compté que j'ai à y consacrer ; ainsi, je ne me rend pas souvent dans les salles obscures, préférant la souplesse des films à la demande, de Canal + et de quelques DVD achetés. Cette nouvelle façon de faire m'a en quelque sorte libérée de l'agitation des sorties, des critiques sur le vif, et elle m'a donné aussi je crois, un regard neuf, peut-être un peu plus objectif.

C'est donc sans aucun a priori que j'ai regardé The Ghost Writer, le film primé de Roman Polanski, annoncé à grand renfort de publicités sur Canal +, doté de trois T dans Télérama et d'une palanquée de chroniques plus qu'élogieuses. 168 minutes plus tard, je me suis retrouvée un peu sur ma faim, et aucun superlatif ne m'est venu à l'esprit, ni sur le scénario, ni sur le jeu des acteurs, et encore moins sur la réalisation.
Les acteurs déjà : je ne suis pas fan d'Ewan MacGregor, et je me demande parfois si le rôle d'Obiwan Kenobi n'est pas le seul sommet de sa carrière. Son registre limité (je n'ai pas vu là d'écart avec le rôle de jeune homme gay d'I love you Phillip Moris) le rend comme absent du film. Il a l'air de subir un scénario qui le fait passer de nègre à séducteur impénitent, de cycliste maladroit à super-héros capable de déjouer une poursuite d'agent de la CIA. Bon, par contre Pierce Brosnan, bonne idée, même si finalement on ne retient que son sourire ultra-brite et la scène où il croque un poireau cru...
Le scénario ensuite : à l'inverse de la biographie du premier ministre britannique Adam Lang dont il est question, celui-ci ne doit pas être bien épais. Pour un thriller politique, c'est un peu court, l'absence d'intrigue sérieuse rend le film assez ennuyeux au final. Le fait d'être uchronique n'empêche pas d'être précis, sans tomber toutefois dans les excès habituels des thriller politique de type 'A la poursuite d'Octobre rouge'. Et je n'évoquerai même pas la référence à la cours pénale internationale de la Haye non reconnue par les USA, parallèle un peu honteux avec la situation du réalisateur au moment de la finalisation du film, exilé en suisse pour échapper à la justice américaine. Pour le thriller politique donc, je vous conseille plutôt de revoir Ronin de Franck Frankenheimer, avec De Niro.
La réalisation enfin : certes les références à Hitchcock sont omniprésentes, la nature menaçante et austère (Bodega Bay ?), les plans rapprochés sur les visages en clair obscur, les indices trouvés qui font dérouler l'histoire...Et le manuscrit, lien du début à la fin, macguffin cher au grand Alfred. L'image est belle, la lumière soignée, certes. Mais que de plans inutiles...Le fait d'avoir privilégié de manière trop arrogante la forme sur le fond rend ce film agaçant et vraiment loin , de mon humble de point de vue de spectateur exigeant, de mériter autant de louanges.
D'ailleurs, si on regarde la filmographie complète de Roman Polanski, on pourra constater qu'il y a beaucoup de films en demi-teintes (Frantic, Lune de Fiel) ou médiocres (Pirates, la Neuvième Porte), et que ses seuls coups de génie resteront en ce qui me concerne Rosemary Baby's et le Pianiste. Je laisse à chacun le soin de classer ce nouvel opus.



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