mercredi 30 mars 2011

Les lois de l'attraction


The Strokes - Angles (2011, RCA, 34 minutes)

Lorsqu'un groupe de cette stature sort un album en demi-teinte, il est courant de lire des chroniques aux deux extrêmes du prisme : les amoureux transis déçus qui déversent souvent de manière injuste leur colère, les autruches qui coûte que coûte trouveront aux chansons des qualités invisibles pour le commun des mortels. Ou encore ceux qui survolent, ne prenant pas le risque de la déception. Il me semble qu'un groupe comme celui-là mérite au moins une écoute attentive, et une chronique le plus juste possible.

Étant une fan de la première heure, il va sans dire que l'annonce d'un nouvel album des Strokes avait suscité chez moi de l'envie et de l'impatience. Pourtant, les rumeurs inquiétantes et non démenties par les protagonistes, de la manière catastrophique dont l'enregistrement de l'album s'était déroulé, la possibilité d'un split, étaient de mauvais augures. En même temps, le premier single, le classique mais rutilant Under cover of darkness, avait laissé planer l'espoir d'un quatrième album à la hauteur au moins du précédent, l'imparfait First Impressions of Earth.
A l'exception du parfait de bout en bout Is this It, il y a toujours eu des morceaux faibles chez les Strokes. Cet album ne déroge pas à la règle, on se questionne même sur la possibilité que certains morceaux ne soient que des ébauches inabouties, c'est le cas de Games ou Call me back. Quand à Gratisfaction ou Life is simple in the moonlight (avec un incompréhensible solo), ils sont tout simplement ratés. A l'inverse, lorsque le groupe retrouve ce qui fait sa spécificité, c'est-à-dire les si caractéristiques échanges de phrases entre la guitare soliste de Nick Valensi et celle rythmique d'Albert Hammond Jr, et la voix profonde et puissante de Julian Casablancas, il fait mouche. Pour preuve Machu Picchu qui ouvre Angles, ou encore Taken a Fool. Après, la question des incursions électronique peut faire débat, personnellement je les trouve plutôt réussies, en particulier sur l'excellent You're so right, venant damer le pion à These New Puritans.
Angles est un disque imparfait, une parenthèse désenchantée minée par les problèmes de communication du groupe et un enregistrement erratique. Cependant, la bonne nouvelle de tout cela, c'est que les Strokes se sont retrouvés. Quoique l'on pense de ce disque, il sera au moins l'étape catharsique nécessaire, le trait d'union entre les Strokes d'hier, ceux qui m'avaient donné les larmes aux yeux lors d'un concert magique au théâtre antique de Fourvière en 2006, et ceux que l'on attend demain, avec un nouvel album annoncé pour cette année 2011.

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