Brice T.
Mine de rien, la réponse n’est pas évidente de prime abord. C’est qu’il s’agit de ne pas confondre avec d’autres préceptes idoines de l’industrie du disque. Un groupe hype n’est pas obligatoirement surcoté. Et là, vous me balancez en pleine figure, oui mais qu’est-ce qu’un groupe hype ? Pour toute réponse, ouvrez les Inrockuptibles à n’importe quelle page, vous trouverez bien votre bonheur.
L’idée, dans le surcotage, c’est la durée. La référence. On est ici dans la représentation et l’image d’un statut indéboulonnable d’un groupe. On se doit donc d’en parler d’un air sentencieux et entendu. En définitive, un artiste devient surcoté, bien malgré lui. Ce n’est pas propre à la musique, le cinéma fourmille d’exemples du genre. Prenons Tarantino. Avec Reservoir Dogs, Pulp Fiction et Jackie Brown, il s’affirme comme un réalisateur talentueux. Avec Kill Bill, il devient surcoté. La sortie de Kill Bill est d’ailleurs un modèle de réception d’une œuvre au succès d’estime et à la réputation guindée : toute la presse nous le vend comme un long-métrage jouissif (sic) et jubilatoire (re-sic), mais, au final, on ne trouve pas ça fameux du tout. Et, au début, on se sent terriblement seul en société. Puis, quelques mois plus tard, on s’aperçoit, au détour d’une discussion avec certains de nos amis, que ces derniers expriment à peu de choses près la même opinion que la nôtre. Voilà, on y est : Quentin Tarantino est devenu surcoté. Ses plus grands films sont derrière lui et pourtant on continue à nous le présenter comme un réalisateur de génie. Appliquons donc ce processus à quelques groupes…Mine de rien, la réponse n’est pas évidente de prime abord. C’est qu’il s’agit de ne pas confondre avec d’autres préceptes idoines de l’industrie du disque. Un groupe hype n’est pas obligatoirement surcoté. Et là, vous me balancez en pleine figure, oui mais qu’est-ce qu’un groupe hype ? Pour toute réponse, ouvrez les Inrockuptibles à n’importe quelle page, vous trouverez bien votre bonheur.
Les Pixies
Tout bon chroniqueur, écrivain, critique rock se doit de connaître les principales formations dites historiques. Alors oui, on sait que Kurt Cobain était un grand fan et tout un tas d’autres trucs. Naturellement on écoute les principaux albums des Pixies, pour se donner une idée, c’est-à-dire Surfer Rosa et Doolittle. Where Is My Mind ?, Here Comes Your Man, aucun problème. Mais le reste. Ni amour, ni rejet. Juste une indifférence polie. En grossissant le trait, on se dit que c’est juste de la pop un peu bancale. Que les Pixies ne véhiculent rien. Puis, le peu de ce qu’on peut lire ou entendre sur Frank Black fait qu’il ressemble furieusement à un gros con. On se sent triste bien sûr d’avoir de telles pensées mais le constat est malheureusement sans appel : oui, on préfère Appetite For Destruction à Surfer Rosa.
My Morning Jacket
Le voilà, le blockbuster indie. Apparemment, chaque sortie d’album est un évènement considérable. Pour une raison mystique qu’on serait incapable d’expliquer, on pense toujours aux Kings Of Leon quand on nous parle de My Morning Jacket. Mieux vaut ne pas trop chercher à comprendre finalement, ne titillons pas trop notre inconscient, on ne sait jamais trop sur quoi on peut tomber. Ah oui, les MMJ. Le glorieux secrétaire général du Parti Communiste Français Maurice Thorez avait coutume de dire qu’il fallait savoir terminer une grève. Il faut également savoir terminer une chanson. On a souvent l’impression quand on écoute My Morning Jacket que les morceaux durent tous une voire deux minutes de trop.
London Calling
Non les Clash ne sont pas surcotés. Pas plus que London Calling, la chanson. Ici, il sera question de l’album. Consacrée plus grande œuvre de toute l’histoire du rock par un grand magazine culturel français, on n’a jamais pu aller au bout de ce disque. On s’en doutait a priori, puisque c’est un double-album. Elles sont si longues ces soixante-cinq minutes. Du ska, du reggae. Tant de souffrance. Tant de mal-être. On est au fond du trou et on continue de creuser. Pourquoi Dieu nous inflige-t-il une telle peine.




4 commentaires:
Quand on parle de "surcote", ça me fait penser à la bourse et au tiercé, je joue sur les mots mais c'est un peu le cas. C'est possible de parler d'artistes surestimés . Sans les Pixies, je n'aurait pas écouté Husker Dü, Captain Beefheart ou de la surf music . Pour parler des Guns'n' Roses, "Apetite "annonce déjà le cirque qui va suivre autours de ce groupe . Comment comparer l'urgence de surfer rosa à la virtuosité ennuyeuse d'un groupe de hard rock...
Ouais, je suis d'accord avec monsieur...
C'est un effet 'pétard mouillé' cet article...
"Apetite..." est un bon disque, mais à quoi bon le mettre sur le même plan que Surfer Rosa ? QUel est le lien direct entre ces deux disques ? A ce ompte là, allons y gaiement : "ON" préfèrera Filosophem de Burzum à 'Valley of Rain' de Giant sand...What the fuck ???
Alors deux-trois petites précisions:
Les simplifications et les raccourcis sont voulus et assumés, c'est le ton de la rubrique qui veut cela, une pointe de mauvaise foi par ici, une image de Sinsemilia par là, ça se veut léger avant tout.
Ceci étant, l'idée était de montrer cet énorme décalage entre l'image ou la réputation d'un groupe (concept large j'en conviens) et ce qu'on peut parfois ressentir en écoutant ledit groupe. Bien entendu, ça marche avec beaucoup de musiciens et tout ça reste éminemment subjectif.
Enfin, concernant la comparaison entre Appetite et Surfer Rosa, d'abord ce sont deux albums sortis à la même période (87-88), et, surtout, c'est le décalage entre justement "l'image" de ces deux groupes, qui sont pour le coup diamétralement opposés.
Vas-y Brice, défonce-les ces culs serrés ! :)
Manu d'Inside
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