
Tennis - Cape Dory (2011, Fat Possum, 28 mns)
Eric F.
Beaucoup de choses ont été reprochées au couple Patrick Riley / Alaina Moore depuis la sortie de Cape Dory : une couverture laidissime, un son bien trop rétro, une propension à s'essouffler sur la longueur...
Il faudra donc m'expliquer comment un disque comme celui-ci risque de tourner en rond en à peine une demie-heure. Tennis ne serait donc pas un groupe qui mériterait qu'on lui accorde trente minutes ? Comment peut on reprocher quoi que ce soit à cette collection de pop-songs joliment troussées ? N'est il pas encore assez évident que la voix d'Alaina Moore est une des plus belles sur le marché ?
Certes, d'aucuns pourront argumenter que ce disque n'est qu'une déclinaison de la première chanson (magnifique Take Me Somewhere) en neuf autres versions un peu moins efficaces, et pour la plupart déjà disponibles sur les singles antérieurs du groupe. Ils n'auront donc pas forcément tort. Mais ne sont-ce pas ceux qui crient également sous tous les toits leur amour pour Best Coast, archétype même du groupe écouté et digéré en quelques mois ?
Tennis sonne très rétro, c'est vrai. Ce qui n'a jamais constitué un crime non plus. Le côté midtempo chatoyant des morceaux s'y prête d'ailleurs très bien. Et c'est un plaisir de voir que l'esprit 50s ait été invité sans tous son attirail de clichés habituels. Car Cape Dory a le franc mérite de mélanger cette atmosphère vieillotte à des idées lo-fi quelque peu plus contemporaines, mettant ainsi en valeur les guitares inventives de Patrick Riley.
Un coup d'oeil au tracklisting de ce disque indique clairement l'importance du voyage dans la musique du duo (Take Me Somewhere, Cape Dory, Bimini Bay, South Carolina, Baltimore), de préférence par voie fluviale (Long Boat Pass, Seafarer.) La surprise n'aura donc pas été énorme quand on aura appris que Cape Dory était l'aboutissement d'un long voyage en bateau entrepris par le couple. Il va sans sans dire que l'écoute de ce disque donne férocement envie de se retrouver sur un voilier en pleine mer turquoise, le ciel sans un seul nuage. Tennis fournirait en tout cas une parfaite bande-son à ce genre de situation. Et pour peu que vos oreilles ne soient obsucrcies par la morne grisaille urbaine, le groupe se contentera largement de constituer une bien belle invitation au voyage.
Si il sera plutôt difficile de défendre le duo sur son choix de pochette, Cape Dory n'en mérite pas moins un soutien inconditionnel, tant il parait évident de devoir succomber à ces exquises mélodies. Et tant pis si le groupe n'arrive finalement pas à avancer dans le futur, car pour un premier disque, Cape Dory est largement prometteur.
01. Take Me Somewhere
02. Long Boast Pass
03. Cape Dory
04. Marathon
05. Bimini Bay
06. South Carolina
07. Pigeon
08. Seafarer
09. Baltimore
10. Water Birds
La page Facebook du groupe
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